J’étais à une bourse aux jouets il y a deux semaines, et j’ai vu un mec débourser 340 balles pour un Stormtrooper sous blister d’une édition de 1995. Sans négocier. Le sourire aux lèvres. Et là je me suis dit qu’il fallait vraiment que j’écrive un truc sur ce marché, parce que perso je pensais que la hype des figurines commençait à retomber. J’avais tort.
Le vintage explose, les cartes suivent, les figurines dominent
Ce qui est frappant en ce moment, c’est la coexistence de trois marchés qui n’ont rien à voir mais qui se nourrissent entre eux. Les cartes à collectionner qui font des enchères délirantes, les objets vintage qui remontent en flèche, et les figurines qui restent le socle stable de tout ce petit monde. Les vendeurs spécialisés le confirment tous : on n’a jamais vu autant de monde entrer dans le hobby depuis le Covid.
Franchement, je pense qu’on sous-estime encore l’ampleur du truc. C’est plus un marché de niche, c’est devenu un vrai secteur économique. Avec ses spéculateurs, ses passionnés, ses arnaqueurs aussi (soyons honnêtes).
Compiègne et ses 53 000 pièces : le musée qui légitime tout
Un truc qui m’a marqué récemment, c’est l’ouverture du musée de la figurine à Compiègne. 53 000 pièces exposées, tu te rends compte ? C’est monstrueux. Et surtout, ça envoie un signal clair : la figurine, ce n’est plus juste un jouet pour gamins ou un délire de trentenaires nostalgiques. C’est devenu un patrimoine culturel reconnu.
Je trouve que cette reconnaissance institutionnelle change beaucoup de choses dans la perception. Ta grand-mère qui te disait « mais pourquoi tu gardes ces poupées en plastique » a un peu moins de billes maintenant. Le musée existe. Les pièces sont classées, cataloguées, valorisées.

Le succès étonnant des petites boutiques spé
Il y a cette histoire d’un Savoyard qui a monté sa boutique « Figurines et Collections » et qui s’est retrouvé à vendre à l’international. Depuis la Haute-Savoie. Sur un marché où les grosses plateformes américaines écrasent tout, voir un artisan-revendeur français percer, ça fait plaisir. Et tout ça tourne grâce à des infrastructures numériques dont on sous-estime l’impact, comme ces data centers qui pompent des millions de litres d’eau pour rester en ligne. Le truc c’est que le marché est tellement segmenté (chaque licence, chaque époque, chaque échelle a ses fans hardcore) qu’il reste plein de place pour des spécialistes qui connaissent vraiment leur sujet.
Et c’est un peu la clé de ce marché : la connaissance. Un vendeur qui sait de quoi il parle vend dix fois mieux qu’un algorithme.
Hasbro, Funko et la machine à hype
Bon, il faut quand même parler des mastodontes. Hasbro Pulse a dévoilé lors de son FanStream de janvier 2026 toute une nouvelle vague de figurines Star Wars, et la communauté a réagi comme d’habitude : dans les 20 minutes, certaines pièces annoncées en précommande partaient en rupture. C’est fou. Ces gens n’ont même pas vu la figurine en vrai, ils achètent sur un rendu 3D.
Funko de son côté continue son business model imparable avec les POP! Mystery. Le principe : tu achètes une boîte, tu ne sais pas ce qu’il y a dedans. Les dernières séries KPop Demon Hunters, One Piece et Horror cartonnent. C’est un mécanisme de collection qui joue clairement sur la même corde que les boosters de cartes ou les loot boxes des jeux vidéo (d’ailleurs, ça me rappelle un peu la logique arcade old-school où tu ne savais jamais ce que t’allais choper au prochain niveau, un peu comme dans la version anglaise du jeu Chicken Shoot que je relançais l’autre soir pour la nostalgie). L’incertitude, c’est un moteur d’achat redoutable.
Pourquoi ça marche autant ?
Je me suis posé la question longtemps. Et je pense que la réponse est multiple.
D’abord, il y a le facteur nostalgie qui joue à plein. Les trentenaires et quadras qui ont grandi avec Star Wars, les Tortues Ninja, Dragon Ball ou les cartes Pokémon ont maintenant du pouvoir d’achat. Et ils veulent racheter ce qu’ils avaient (ou pire, ce qu’ils n’ont jamais pu avoir).
Ensuite, il y a le côté investissement. Certaines pièces prennent 20% par an. C’est mieux que ton livret A, on va pas se mentir. Attention, ça reste risqué et ça demande de la connaissance, mais des gens en vivent.
Enfin, il y a le pur plaisir de collectionner. Ranger, classer, exposer, montrer. C’est un truc profondément humain. Les vitrines dans les salons se multiplient, les setups « gaming room + collection » deviennent des standards Instagram.
Le piège du complétionnisme
Petit conseil quand même, parce que je l’ai vécu : évite de vouloir tout compléter dès le départ. J’ai commencé une collection de figurines d’un anime en 2022, je me suis dit « je vais avoir toute la série ». Trois ans plus tard, il me manque encore deux pièces qui coûtent chacune le prix d’un week-end à Lisbonne. Et je les veux quand même. C’est ça le piège.
Le meilleur collectionneur, c’est pas celui qui a tout. C’est celui qui aime vraiment chaque pièce qu’il possède. Cliché mais vrai.
Où on va ?
Difficile à dire. Le marché est chaud, les prix montent, mais l’histoire nous a montré que ce genre de bulles peut se dégonfler très vite (souviens-toi des cartes de baseball dans les années 90, un massacre). Pour l’instant tout va bien, l’offre suit la demande, les licences se multiplient et les fabricants sortent des pièces de qualité de plus en plus dingue.
Si t’as envie de te lancer, mon avis : commence petit, sur une licence que tu adores vraiment, achète des pièces que tu garderais même si elles perdaient toute valeur. Le reste, c’est du bonus.
