Un mois, quatre pays, ma cuisine comme passeport

Un mois, quatre pays, ma cuisine comme passeport

Dernier week-end de juillet. Je cède à la tentation et je me commande le burger « édition limitée » du McDo, tu sais celui avec un nom qui fleure bon les vacances et une sauce qui promet monts et merveilles. Bilan des courses ? J’ai avalé un burger. Rien de plus.

En rentrant chez moi, un truc m’a percuté. Si des chaînes de fast-food nous refilent du « dépaysement » entre deux tranches de pain toute la période estivale grâce à leurs campagnes marketing, moi dans ma propre cuisine, j’ai largement de quoi faire beaucoup mieux. Le défi que je me lance : une destination par semaine sur tout le mois. Fait maison, avec ce qu’on chope en France, sans exploser le portefeuille.

Autant vous le dire tout de suite. C’est probablement dans le top des idées que j’ai eues cette année.

Étape numéro un : le Liban. Mezze à gogo. Houmous préparé de mes mains, un vrai taboulé (je précise, celui avec des tonnes de persil et juste ce qu’il faut de boulgour, rien à voir avec la pâtée qu’on trouve en supermarché), fattouche et boulettes de kefta. La galère du moment ? Mettre la main sur du sumac à côté de chez moi. Après avoir cherché partout, je l’ai trouvé dans une toute petite épicerie du 10e arrondissement. Et là, révélation. Le proprio m’a expliqué le zaatar pendant vingt minutes. Je suis ressorti les bras chargés de trucs en plus.

Depuis ce jour, la grande surface c’est mort pour moi. Une épicerie de quartier ou un marché, c’est une planète à part. D’ailleurs à ce sujet, un classement est sorti pas si longtemps sur les meilleurs marchés alimentaires de la planète et devine quoi, le numéro un est français. Petit indice : ce n’est pas la capitale. Cherchez un peu. Ça m’a fait sourire parce qu’on est convaincu que le meilleur est toujours à l’autre bout du monde. Et en vrai.

Semaine deux, escale à Tokyo. Mission gyozas. Et là, aïe aïe aïe.

C’est vicieux, les gyozas. Dans les vidéos YouTube, tu regardes des types replier la pâte avec une élégance de dingue. Chez moi ? Quarante minutes pour en boucler 15. Et question esthétique, on repassera. En bouche par contre, une claque. Ma nana s’est marrée non-stop pendant une demi-heure. On a bouclé le repas avec une ponzu faite main (yuzu, soja, mirin), et croyez-moi, le japonais du coin de la rue vient de me perdre.

Semaine trois, direction plein sud vers le Mexique. Tacos al pastor au menu. Là, ça passe au niveau supérieur. Porc mariné 24h dans une pâte d’achiote (deuxième trouvaille dans mon épicerie chouchoute du 10e), ananas passé au grill, salsa verde écrasée au mortier. On s’installe à 20h. À 23h les convives sont toujours là. Six personnes autour de la table, personne ne se levait.

Dernière escale : l’Italie. Fastoche, je me disais. Grosse boulette. Les pâtes fraîches faites maison, c’est pas de la rigolade. Ceci dit deux essais et t’as chopé le truc. Mes secondes tagliatelles, pâtes préférées des Français, enterraient tranquillement 80% des trattorias parisiennes. Chaque mot est pesé.

Ce qui m’a scié pendant ce mois derrière les fourneaux, c’est le rapport entre le temps que tu poses et le plaisir que tu récoltes. Refaire un plat que tu connais par cœur, tu es en pilotage auto. Se lancer sur une recette inédite, c’est carrément une aventure. Tu farfouilles, tu tergiverses, tu foires, tu recommences. Un peu la même adrénaline que quand tu bascules dans un domaine que tu ne connais pas alors que tu avais tes habitudes ailleurs. Genre quand j’ai essayé Fatboss Casino après des mois sur d’autres plateformes, cette curiosité du débutant où tout est à découvrir ; pour ceux que ça intéresse, le site où jouer en ce moment propose une interface franchement bien fichue. Enfin bref, exactement le même kif que quand tu t’attaques à une cuisine jamais explorée.

Allez, on repart aux casseroles.

Un truc me saute aux yeux. Partout, à Lille, à Marseille, à Nantes, les tables du monde poussent comme des champignons. Des Libanais, des Japonais, des Italiens qui balancent leurs recettes familiales. Il y a carrément des festivals entiers dédiés à ça maintenant. C’est cool, sincèrement. Sauf qu’avec les prix qu’ils affichent, autant se retrousser les manches à la maison. Mon repas libanais pour quatre : 22 euros. Au restaurant ? Compte 120 minimum.

Le secret dans tout ça, c’est d’identifier deux ou quatre épiceries qui vont devenir tes QG. Une pour tout ce qui vient du Moyen-Orient. Une pour l’Asie. Et pourquoi pas une pour l’Amérique du Sud si tu te sens chaud. Le jour où tu as ce petit circuit, tu peux plus rien t’interdire.

Le planning d’août est déjà bouclé. Maroc, Corée, Éthiopie, Thaïlande. Si vous avez des recettes de mamie planquées dans un tiroir, balancez.

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